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27 février 2007 2 27 /02 /février /2007 11:40

 

Il est de bon ton, il est de bon goût, c’est très tendance de …

 

Parler des droits de l’Homme !

 

Mais si vous les appliquez dans votre vie, si vous exigez qu’ils soient réellement appliqués dans la société et par les politiciens et les religieux…

 

Vous risquez, très certainement, d’être taxés de membre d’une secte dangereuse (pléonasme de nos jours) !

 

Quelle est cette référence ?

 

La       

Déclaration Universelle des Droits de l’Homme

 

 

Au cas où, elle ne vous aurait pas été enseignée à l’école républicaine ou dans le privé !

 

La voici …

 

Attention : Les articles 1, 18,19 et 25 peuvent choquer le lecteur non averti !

Avec cette lecture, vous prenez le risque de devenir socialement incorrect !

 

Article premier
Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

 

Article 2
1.
Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la présente Déclaration , sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d'opinion politique ou de toute autre opinion, d'origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation.
2. De plus, il ne sera fait aucune distinction fondée sur le statut politique, juridique ou international du pays ou du territoire dont une personne est ressortissante, que ce pays ou territoire soit indépendant, sous tutelle, non autonome ou soumis à une limitation quelconque de souveraineté.

 

Article 3
Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.

 

Article 4
Nul ne sera tenu en esclavage ni en servitude; l'esclavage et la traite des esclaves sont interdits sous toutes leurs formes.

 

Article 5
Nul ne sera soumis à la torture, ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

 

Article 6
Chacun a le droit à la reconnaissance en tous lieux de sa personnalité juridique.

 

Article 7
Tous sont égaux devant la loi et ont droit sans distinction à une égale protection de
la loi. Tous ont droit à une protection égale contre toute discrimination qui violerait la présente Déclaration et contre toute provocation à une telle discrimination.

 

Article 8
Toute personne a droit à un recours effectif devant les juridictions nationales compétentes contre les actes violant les droits fondamentaux qui lui sont reconnus par la constitution ou par la loi.

 

Article 9
Nul ne peut être arbitrairement arrêté, détenu ou exilé.

 

Article 10
Toute personne a droit, en pleine égalité, à ce que sa cause soit entendue équitablement et publiquement par un tribunal indépendant et impartial, qui décidera, soit de ses droits et obligations, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle.

 

Article 11
1. Toute personne accusée d'un acte délictueux est présumée innocente jusqu'à ce que sa culpabilité ait été légalement établie au cours d'un procès public où toutes les garanties nécessaires à sa défense lui auront été assurées.
2. Nul ne sera condamné pour des actions ou omissions qui, au moment où elles ont été commises, ne constituaient pas un acte délictueux d'après le droit national ou international. De même, il ne sera infligé aucune peine plus forte que celle qui était applicable au moment où l'acte délictueux a été commis.

 

Article 12
Nul ne sera l'objet d'immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes à son honneur et à sa réputation. Toute personne a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes.

 

Article 13
1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un Etat.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays.

 

Article 14
1. Devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile et de bénéficier de l'asile en d'autres pays.
2. Ce droit ne peut être invoqué dans le cas de poursuites réellement fondées sur un crime de droit commun ou sur des agissements contraires aux buts et aux principes des Nations Unies.

 

Article 15
1. Tout individu a droit à une nationalité.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité, ni du droit de changer de nationalité.

 

Article16
1. A partir de l'âge nubile, l'homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille. Ils ont des droits égaux au regard du mariage, durant le mariage et lors de sa dissolution.
2. Le mariage ne peut être conclu qu'avec le libre et plein consentement des futurs époux.
3. La famille est l'élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l'Etat.

 

Article17
1. Toute personne, aussi bien seule qu'en collectivité, a droit à la propriété.
2. Nul ne peut être arbitrairement privé de sa propriété.

 

Article 18
Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ; ce droit implique la liberté de changer de religion ou de conviction ainsi que la liberté de manifester sa religion ou sa conviction seule ou en commun, tant en public qu'en privé, par l'enseignement, les pratiques, le culte et l'accomplissement des rites.

 

Article 19
Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit.

 

Article 20
1. Toute personne a droit à la liberté de réunion et d'association pacifiques.
2. Nul ne peut être obligé de faire partie d'une association.

 

Article 21
1. Toute personne a le droit de prendre part à la direction des affaires publiques de son pays, soit directement, soit par l'intermédiaire de représentants librement choisis.
2. Toute personne a droit à accéder, dans des conditions d'égalité, aux fonctions publiques de son pays.
3. La volonté du peuple est le fondement de l'autorité des pouvoirs publics ; cette volonté doit s'exprimer par des élections honnêtes qui doivent avoir lieu périodiquement, au suffrage universel égal et au vote secret ou suivant une procédure équivalente assurant la liberté du vote.

 

Article 22
Toute personne, en tant que membre de la société, a droit à la sécurité sociale ; elle est fondée à obtenir la satisfaction des droits économiques, sociaux et culturels indispensables à sa dignité et au libre développement de sa personnalité, grâce à l'effort national et à la coopération internationale, compte tenu de l'organisation et des ressources de chaque pays.

 

Article 23
1. Toute personne a droit au travail, au libre choix de son travail, à des conditions équitables et satisfaisantes de travail et à la protection contre le chômage.
2. Tous ont droit, sans aucune discrimination, à un salaire égal pour un travail égal.
3. Quiconque travaille a droit à une rémunération équitable et satisfaisante lui assurant ainsi qu'à sa famille une existence conforme à la dignité humaine et complétée, s'il y a lieu, par tous autres moyens de protection sociale.
4. Toute personne a le droit de fonder avec d'autres des syndicats et de s'affilier à des syndicats pour la défense de ses intérêts.

 

Article 24
Toute personne a droit au repos et aux loisirs et notamment à une limitation raisonnable de la durée du travail et à des congés payés périodiques.

 

Article 25
1. Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l'alimentation, l'habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d'invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
2. La maternité et l'enfance ont droit à une aide et à une assistance spéciales. Tous les enfants, qu'ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, jouissent de la même protection sociale.

 

Article 26
1. Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite.
2. L'éducation doit viser au plein épanouissement de la personnalité humaine et au renforcement du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle doit favoriser la compréhension, la tolérance et l'amitié entre toutes les nations et tous les groupes raciaux ou religieux, ainsi que le développement des activités des Nations Unies pour le maintien de la paix. 3. Les parents ont, par priorité, le droit de choisir le genre d'éducation à donner à leurs enfants.

 

Article 27
1. Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent.
2. Chacun a droit à la protection des intérêts moraux et matériels découlant de toute production scientifique, littéraire ou artistique dont il est l'auteur.

 

Article 28
Toute personne a droit à ce que règne, sur le plan social et sur le plan international, un ordre tel que les droits et libertés énoncés dans
la présente Déclaration puissent y trouver plein effet.

 

Article 29
1. L'individu a des devoirs envers la communauté dans laquelle seul le libre et plein développement de sa personnalité est possible.
2. Dans l'exercice de ses droits et dans la jouissance de ses libertés, chacun n'est soumis qu'aux limitations établies par la loi exclusivement en vue d'assurer la reconnaissance et le respect des droits et libertés d'autrui et afin de satisfaire aux justes exigences de la morale, de l'ordre public et du bien-être général dans une société démocratique.
3. Ces droits et libertés ne pourront, en aucun cas, s'exercer contrairement aux buts et aux principes des Nations Unies.

 

Article 30
Aucune disposition de
la présente Déclaration ne peut être interprétée comme impliquant pour un Etat, un groupement ou un individu un droit quelconque de se livrer à une activité ou d'accomplir un acte visant à la destruction des droits et libertés qui y sont énoncés.

 

 

 

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11 février 2007 7 11 /02 /février /2007 21:17

 Un député : un représentant du peuple ... un révolutionnaire... ceci a existé ! ?

Oui ... Il y a bien longtemps !!!

 

 

 

  Prévoit la montée du nazisme !

 

  

 

 Philibert Besson

 

 

 

 La conclusion de son Programme Fédériste:

 

Lettre d'un député qui ne mâchait pas ses mots !!!  http://voreysien.free.fr/Ph.Besson/lettre_ouverte.htm

 

Plus sur Philibert Besson

http://fr.wikipedia.org/wiki/Philibert_Besson

 

Livres sur Philibert Besson :

  Le feu follet de la République - Philibert Besson, député visionnaire et martyr

 http://boutique.geneanet.org/catalog/product_info.php?products_id=70164

 

  PHILIBERT BESSON : LE DEPUTE TERRIBLE, PRECURSEUR DE L'EUROPE

 AUTEUR: DUMAS RENE          Edité par LE HENAFF

 http://www.livres-chapitre.com/-L0VJ7F/-DUMAS-(RENE)/-PHILIBERT-BESSON-:-LE-DEPUTE-TERRIBLE,-PRECURSEUR-DE-L'EUROPE.html

 

  

 LA LOI DES CACIQUES. LA VIE ET LA MORT DE PHILIBERT BESSON DEPUTE DU VELAY REBEL

 AUTEUR: PEYRARD JEAN       Edité par DESSAGNE

 http://www.livres-chapitre.com/-K1AU6G/-PEYRARD-JEAN/-LA-LOI-DES-CACIQUES.-LA-VIE-ET-LA-MORT-DE-PHILIBERT-BESSON-DEPUTE-DU-VELAY-REBEL.html

 

  "La France, ainsi, ayant résolu tous ces problèmes nationaux, ayant un idéal international, pourra être véritablement la reine de la paix."

 

      

 

 

 

 

Philibert Besson est né à Vorey le 6 juin 1898, fils unique, il fut élevé par sa mère, son père étant décédé peu de temps avant sa naissance.

 Il décrocha sa première partie du baccalauréat, en 1916, puis s'engagea dans l'armée, le 3 avril 1917, pour finir officier de marine N°1 quatre ans après. En 1922, il obtient le diplôme d'ingénieur électricien à l'université de Grenoble.

 

  En 1924, après deux embarquements sur des paquebots de  la marine marchande, Il revient au pays. Où, après quelques élucubrations, il est interné à l'hôpital psychiatrique de sainte Marie au Puy. Il s'en évadera le 5 août 1924, pour être repris aussitôt et sera libéré le 26 septembre, après une pétition signée par le maire et les habitants de Vorey.

 

 

 

 

 

Recherché par la police, il est contraint à vivre dans la clandestinité. Il échouera à la prison de Riom, où il mourrut torturé par son geolier le 16 mars 1941 à l'age de 42 ans.

 http://voreysien.free.fr/profil.html

 

 

 A 27 ans il se lance dans la politique et se présente pour des cantonales, avec pour étiquette "ni de droite, ni de gauche". Battu, il reprend la mer pour une nouvelle transatlantique et revient à la charge en octobre 1928 comme candidat au Conseil d'Arrondissement. Il y est largement élu, en particulier par les voreysiens dont il deviendra leur maire en mai 1929, là commencent ses déboires avec l'administration, ce qui ne l'empêche pas d'être élu député le 7 juin 1932. Il sera déchu de son mandat le 7 mars 1935.

  Dénonce les turpitudes des politiciens  

  et la rapacité des grandes entreprises !   « les vautours » (selon ses dires) !

 

 

Pas du tout politiquement correct !

 ... Il est mort prématurément !!!

 

 

Un Visionnaire :

  Une monnaie européenne en 1930 !

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8 février 2007 4 08 /02 /février /2007 14:49

Avons-nous le courage Wafa Sultan ?

 

 

 

 

Aujourd’hui, la liberté d’expression est en danger !

 

 

 

 

Si j’aime ma liberté, alors il faut que je sorte de mes pantoufles feutrées !!!

 

 

 

 

Une femme montre l’exemple :

 

 

 

 

http://autourdelaliberte.blogspot.com/2006/03/avec-wafa-sultan-femme-en-colre.html

Si une femme n'a pas peur de rester debout face à la menace; nous, aussi, nous le pouvons !

Résistance à la menace et non violence face à cette menace sont essentielles pour construire un monde réellement civilisé.

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5 février 2007 1 05 /02 /février /2007 19:34

L'hymne américain a toujours la même sonorité !

      http://www.dailymotion.com/visited/search/jimi%2Bhendrix%2Bwoodstock/video/x7xls_jimi-hendrixwoodstock-69full-versio

     

 

et ses effets sont toujours aussi dévastateurs,

comme les images à la fin de fête de Woodstock,

mais ce ne sont pas les mêmes "déchets" que l'on ramassent à travers le monde !!!

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29 janvier 2007 1 29 /01 /janvier /2007 08:08

 

 

 

Un pestiféré de l'intelligentsia française et l'ailleurs !  

 

 

Noam Chomsky

 

 

 

Nationalité : américaine
Naissance : 1928

 

 

 

 

 

"Nous parlons comme nous voyons ; nous n'apprenons pas notre langue, elle est innée, inscrite dans notre biologie."

 

 

 

 

 

« Si les lois de Nuremberg étaient appliquées, tous les présidents américains de l'après-guerre auraient été pendus » !

 

 

« Ce qui est surprenant, dit-il à propos du World Trade Center, ce n'est pas l'événement - il y a plein d'atrocités dans le monde -, mais la direction vers laquelle les armes étaient pointées. D'habitude, ce sont l'Europe et les Etats-Unis qui détruisent les autres. Imaginez qu'Al-Qaeda ait réussi à bombarder la Maison-Blanche, tué le président, installé un dictateur militaire, assassiné 50 000 à 100 000 personnes - si on ajuste les chiffres à la population américaine -, en ait torturé 700 000 autres, ait établi un centre terroriste international... Cela aurait été bien pire que le 11 Septembre. Eh bien, cela s'est produit réellement au Chili le 11 septembre 1973 [coup d'Etat de Pinochet]. L'Amérique et la Grande-Bretagne ont donné leur appui. Mais on n'en parle pas parce que c'était nous, les agresseurs. »

 

 

 

 

George Bush.

 

C'est « l'administration la plus dangereuse de l'histoire américaine ». Deux menaces majeures pèsent sur le monde. « La première, c'est la guerre nucléaire. L'administration sait que sa politique augmente les risques de conflit nucléaire. En accroissant ses capacités militaires, elle pousse les autres pays à réagir. Les plus faibles par le terrorisme, les autres en se dotant de l'arme nucléaire, et la Chine ou la Russie en augmentant leur arsenal. Ces systèmes de défense sont mis en alerte automatique sur ordinateur. On est à la merci de l'accident qui entraînerait la destruction de l'humanité. ».

 

 L'autre grande menace, c'est la catastrophe écologique. Là encore, affirme-t-il, l'administration s'en moque. Cela n'arrivera pas avant des générations.

 

 

 

 

Pour en savoir plus :      http://fr.wikipedia.org/wiki/Noam_Chomsky#Opinions_politiques

 

 

 

 

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28 janvier 2007 7 28 /01 /janvier /2007 10:21

 Le monologue de Diogène à la foule :

 

« Eh,  moutons ! Bééé ! Réveillez-vous ! Bééé ! Un homme va mourir ce soir et vous discutez sur les dernières lois à appliquer ! Cet homme, vous le connaissez bien, il arpente vos rues depuis plus de 50 ans ! Oui, je parle de Socrate ! Depuis 50 ans, il n’a eu de cesse de vous inoculer un remède face à vos ambitions, vos passions : ce remède, c’est la vérité !! C’est elle que vous outragez aujourd’hui par votre indifférence et en le jugeant sur des arguments trompeurs ! Oui, vous n’êtes que des moutons : vous vous laissez prendre à la sophistique ! » .

 

Diogène insulte les sophistes Gorgias et Protagoras et crache aux quatre vents, puis reprend :

 

« Nos sophistes n’ont de cesse d’outrager les honnêtes hommes par leurs rhétoriques mesquines qui font croire que la vérité n’est qu’opinion ! Tout ce qu’ils disent, vous y croyez ! Vous les payez même pour entendre des fadaises ! Ces sophistes, ils se foutent de vous, avec leurs beaux et inutiles discours, ces loups aux dents acérés n’attendent qu’une chose, vous dévorer votre âme ! Et, bien sûr, vous n’y voyez que du feu ! Mais, regardez-vous ! C’est eux qui vous gouvernent depuis des années, c’est eux qui vous conseillent, surtout vous, riches dignitaires, bailleurs de fonds, qui régulièrement paradez en ce lieu ! » .

 

Diogène crache à nouveau, en bavant cette fois sur lui, puis reprend de nouveau :

 

«  Moutons, soyez donc des hommes ! Débarrassez-vous de ces sophistes, de ces idéologues, de leurs foutues chaînes ! Enlevez le voile qui étouffe vos âmes ! N’ayez pas peur d’affirmer votre authentique nature ! »

 

 

 « Foule, imagine un monde gouverné par en bas, par les profondeurs de Dame Nature ! »

 

Voyant Platon au loin, Diogène l’interpelle bruyamment :

 

 « Eh Platon ! Viens par ici ! Que mijotes-tu dans ton coin ? Socrate, ton maître, tu te rappelles, va mourir !

 

Qu’attends-tu  pour protester ! »

 

Platon, sans daigner répondre, s’en va prestement.

 

« Je reprends, écoutez ma déclamation, elle vaut cent fois plus de drachmes que ceux que vous donnez tous les jours aux sophistes ! Imaginez, oui, que la société n’ait plus à faire la guerre ! à punir un concitoyen pour avoir dit la vérité ! Oui, plus besoin de tromper l’autre, plus besoin  d’ambitionner un quelconque pouvoir. Tout serait donné. Tout. Le pied, quoi ! Enfin, nos femmes, nos esclaves, nos étrangers auraient aussi leur place qu’ils méritent dans la cité ! Et celui qui voudrait travailler le pain le pourrait - sans être assigné à cette tâche tout le temps et tout le reste de sa vie ! Plus de place publique où rivaliser de bêtises, où se donner en spectacles ! La politique, la vraie, ne serait pas celle que vous pratiquez : théâtre d’histrions, de médiocres bouffons ! En un mot, je ne vois qu’une seule et unique idée pour le salut de la cité : la fin de l’Etat ! la fin de tout gouvernement ! » .

 

On entend des cris d’horreur dans l’Agora : ce sont d’abord des cris de femmes, puis on voit un législateur tomber de son banc, pris d’une attaque soudaine. Pendant qu’on l’emmène chez le médecin, Diogène ne s’arrête pas - la foule est toujours là de plus en plus inquiète, consternée.

   

 

« Imaginez-vous que la démocratie dont vous faites si grand cas n‘est qu’une épave !

Votre gouvernement par le peuple n’est qu’un gouvernement d’apparence !

Et tout autre gouvernement le sera aussi : là est le cycle infernal, la ronde des morts du pouvoir !

Le gouvernement a tissé sa toile partout dans vos maisons, dans vos vies, mais surtout dans vos coeurs !

Vous frémissez à l’idée de quitter vos penates ! Regardez-moi je n’ai pas peur de  parler !

La mort, que vous craignez, moi je l’aime. Après Socrate, mon tour viendra, j’en suis sûr !

 

Mais en attendant, je suis là, je vis et je m’insurge contre ce que vous faites au citoyen le plus remarquable d’Athènes : Socrate ; mon ami, mon seul et unique ami sur cette terre, lui qui m’a appris à regarder la vérité, j’ose dire ma vérité ! 

 

« Oedipes ! Ouvrez-les yeux ! Souvenez-vous de la parole d’Anaximandre, elle donnait à la cité, au commencement, la voie à suivre : « Il faut, disait-il, connaître que la discorde est le droit ». Par vos lois, vous avez profané cette parole sacrée : Anaximandre n’a jamais voulu de la discorde de vos discours. Celle de la sophistique : vaine et inutile. Amère aussi. ».

« Un homme aujourd’hui va mourir et il est le plus sage des hommes, le citoyen que vous ne serez jamais, et s’il va mourir, c’est uniquement à cause de vous, de votre incompréhension tenace, de votre entêtement stupide ! Je préfère donc retourner à ma vie de chien, plutôt que de partager avec vous, avec toute votre civilité, un repas sans place pour l’hôte, sans place pour l’étranger que vous n’accepterez jamais ! »

 

 

Interpellant un mouton dans la foule, Diogène s’écrie :

 

« Eh, toi ! Oui, toi ! Dis-moi ce que tu comprends à cette parole d’Anaximandre. »

 

Le mouton  interpelé s’enfuit. Tout sauf un schibboleth... 

 

« Anaximandre veut dire que le conflit est légitime, si l’on veut parvenir à ses fins. Mais ces fins doivent être la libération des chaînes que tout pouvoir établit. Pour cela, il faut être d’une certaine façon un étranger; un  de ces êtres qui passe et qui repart ; il faut être un homme capable de refuser le confort des habitudes.

 

« Vous me voyez ici, depuis des années, dans cette cité comme un étranger. Chaque jour qui passe, par mes actes, mes paroles, mon image dégradée, je vous invite à changer. Chaque jour, je vous rends à votre vrai visage de concitoyens sans conscience. Mais vous ne changez pas ! Vous restez fidèle à vous-mêmes, hiératiques !

 

 

 

Socrate, comme Diogène s’y attendait, est effectivement bien mort dans l’indifférence générale.

 

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27 janvier 2007 6 27 /01 /janvier /2007 10:54

 

MANIPULATION

  

Qui manipule autrui ?

Qui est manipulé sans le savoir ?

 

Comme Mr Jourdain parlait en prose, nous manipulons quotidiennement nos semblables et réciproquement.

Ceci n’est pas le domaine réservé aux gourous et aux sectes; ceux-ci ne sont que la partie émergée de l’iceberg de la manipulation;

Et, peut être, même, que les sectes servent de boucs émissaires à la grande manipulation.

 

  

Un livre à lire, pour ne pas rester "mouton".

 

 

Petit traité de manipulation à l'usage des honnêtes gens ·         Robert-Vincent Joule, Jean-Léon Beauvois

 

 

 

 

 

P 262 : Avouez qu’il est déroutant de constater que l’individu, bien sous tout rapport, celui qui adhère à la plupart des normes de jugement tout en croyant d’ailleurs s’en départir, celui qui se sent libre, celui qui veut être consistant, celui qui trouve en lui-même les raisons de ce qu’il fait et de ce qui lui arrive… de constater donc que cet individu-là est incontestablement le plus manipulable.

 

 

 

Bonne lecture

 Voir :http://www.pug.fr/extrait_ouvrage/Epetittraite1.pdf

 

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26 janvier 2007 5 26 /01 /janvier /2007 18:27

Sur l’usage que certains hommes politiques font de l’accusation d’irresponsabilité lancée contre les profanes qui veulent se mêler de la politique : supportant mal l’intrusion des profanes dans le cercle sacré des politiques, ils rappellent à l’ordre comme les clercs rappellent les laïcs à leur illégitimité.

Par exemple, au moment de la réforme, un des problèmes venait que ce les femmes voulaient dire la messe ou donner l’extrême onction. Les clercs défendaient ce que Max Weber appelle leur « monopole de la manipulation légitime des biens de salut » et dénonçaient l’exercice illégal de la religion.

Quand on dit à un simple citoyen qu’il est irresponsable politiquement, on l’accuse d’exercice illégal de la politique. Une des vertus de ces irresponsables – dont je suis – est de faire apparaître un présupposé tacite de l’ordre politique, à savoir que les profanes en sont exclus.

La candidature de Coluche fut l’un de ces actes irresponsables. Je rappelle que Coluche n’était pas vraiment candidat mais se disait candidat à la candidature pour rappeler que n’importe qui pouvait être candidat. Tout le champ médiatico-politique s’était mobilisé, par-delà toutes les différences, pour condamner cette barbarie radicale qui consistait à mettre en question le présupposé fondamental, à savoir que seuls les politiques peuvent parler politique. Seuls les politiques ont compétence (c’est un mot très important, à la fois technique et juridique) pour parler de politique. Il leur appartient de parler de politique.

La politique leur appartient. Voilà une proposition tacite qui est inscrite dans l’existence du champ politique.

                                                                                                                     Pierre Bourdieu

 

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25 janvier 2007 4 25 /01 /janvier /2007 20:18

 

 

 

La télévision
comme espace de représentation viciée

Présentation de l'analyse de Pierre Bourdieu

 

 

" Il faudrait toujours vérifier qu'on va à la télévision pour (et seulement pour...) tirer parti de la caractéristique spécifique de cet instrument, le fait qu'il permet de s'adresser au plus grand nombre, donc pour dire des choses qui méritent d'être dites au plus grand nombre." Pierre Bourdieu, Le Monde diplomatique, avril, 1996.

La télévision est l'un des médias les plus cher, ce qui la rend, plus que d'autres, sujette au "diktat" de l'audimat Voir le même constat chez Régis Debray . C'est aussi le média qui permet de capter l'audience la plus grande : " être vu à la télévision" assure en peu de temps une notoriété sans commune mesure avec celles qui peuvent émerger de cercles d'influence plus étroits comme par exemple la reconnaissance par les pairs dans des cercles spécifiques de compétence (Universités, Centres de recherche, milieux artistiques, Magistrature, etc.).

La télévision court-circuite les règles d'évaluation des productions par les personnes les plus compétentes dans chaque domaine, en même temps qu'elle impose des contraintes de présentation qui rogne toute profondeur. En cela, elle fait courir à toutes les productions culturelles le risque d'une dégénérescence démagogique. Explication

En peu de mots : l'essentiel ! Pierre Bourdieu, souligne que l'exercice authentique de la pensée demande du temps.
Or le culte de l'audimat emprisonne l'expression télévisuelle dans une double urgence :
- La chasse au "scoop"d'une part ;
- L'impératif de concision d'autre part
.

Par ailleurs, le souci du consensus ( qui est la conséquence du "diktat" de l'audimat) achève de rendre l' information anecdotique et donc politiquement insignifiante.

.Il faut donc interroger la télévision dans ce qu'elle montre et dans sa façon de le montrer, mais surtout aussi dans ce qu'elle ne montre pas et devrait montrer pour jouer réellement sa fonction d'instrument d'information publique !

La chasse au "scoop" et le culte des représentations spectaculaires

La concurrence entre les chaînes pour la plus grande audience a pour résultat que chacune se jette à corps perdu dans la quête du spectaculaire avec une dramatisation volontaire de tous les contenus. (Ce qui a d'ailleurs paradoxalement pour effet d'anesthésier la perception).

Dès lors, pour qu'une information ait une chance d'être reprise par la télévision, il faut déjà la présenter sur un mode spectaculaire : ainsi le mouvement Act -up n'aurait sans doute pas bénéficié de la même "couverture médiatique" s'il n'avait su, dès son début, exploiter tous les ressorts d'une visibilité propre à séduire les médias ( port de masques, manifestations qui prennent la forme de "performances" dans les rues, détournement de monument - la gigantesque "capote" de la Place de Concorde !).

Toutefois, le "diktat" de l'audimat impose aussi de ne jamais risquer de perdre trop de parts d'audience par des soutiens et prises de positions trop polémiques. A la télévision, les vrais débats sont donc consciencieusement éludés au profit d'un babil pontifiant et simplificateur. C'est là qu'interviennent ceux que Pierre Bourdieu appelle les "Fast-Thinkers" (p. 30), ces intellectuels (écrivains ou journalistes) qui vont dire sous une forme ramassée, fluide et élégante, ce que tout un chacun pourra facilement répéter sans davantage entrer dans un vrai débat.

Dans l'urgence, on ne peut pas penser : "Est-ce que la télévision, en donnant la parole à des penseurs qui sont censés penser à vitesse accélérée, ne se condamne pas à n'avoir jamais que des fast-thinkers, des penseurs qui pensent plus vite que leur ombre... parce qu'ils ne pensent que par idées reçues..." P. 30 ( Nous reprendrons cette critique plus loin !)

Ainsi le devoir de consensus, directement impliqué par le souci de l'audimat, aplanit toute l'information. Sous couvert de "spectaculaire", toutes les aspérités sont savamment gommées, neutralisées.

La représentation des faits-divers pour "faire diversion"...

Pierre Bourdieu souligne aussi combien ce double souci de l'audimat et du consensus rend la télévision friande de faits divers ( criminalités, catastrophes naturelles ).
Le privilège accordé à ce type d'information révèle un parti pris d'occuper le temps d'antenne par des objets de discours insignifiants puisqu'ils sont de l'ordre des aléas naturels ou des pathologies privées ; ces sujets sont sans enjeux politiques ; ou du moins, ils peuvent aisémentêtre commentés sur un mode consensuel. ( Il en est de même des événements sportifs...)

Nous résumons les pages 16 et 19, lire aussi p. 50 à 52 :
De même que les prestidigitateurs attirent l'attention sur autre chose que sur ce qu'ils font, le fait divers "fait diversion". L'évocation du fait divers attire l'attention du public sur des faits qui sont certes de nature à intéresser tout le monde mais "sur un mode tel qu'ils ne touchent à rien d'important" ; ce sont des fait "omnibus", qui emportent l'assentiment de tous sans diviser : ils font "consensus". " Si on emploie des minutes si précieuses pour dire des choses si futiles c'est que ces choses futiles sont en fait très importantes dans le mesure[...où elles se substituent] aux informations pertinentes que devrait posséder le citoyen "lambda" pour exercer ses droits démocratiques". La place dominante accordée aux faits divers dépolitise l'information et réduit la vie du monde à l'anecdote et aux ragots ( qui peuvent d'ailleurs être nationaux ou planétaires sans gagner en substance : vicissitudes de "stars" et des familles royales ! )

 

La contrainte de concision dans l'exposition
(Hantés par l'impératif de séduction, les journalistes ont progressivement abandonné le devoir de pertinence et le souci de profondeur.)

Tout se passe comme s'il fallait absolument que tout le monde puisse comprendre tout ce qui se dit, tout de suite, dès les premiers mots, de peur que le public ne "décroche"...Or seuls les préjugés déjà communément admis ont un tel privilège. ( Seuls les préjugés peuvent être compris sans avoir besoin d'être longuement démontrés puisque ce sont justement des idées reçues par tous de sorte que le problème de la réception ne se pose pas.) " L'échange de lieux communs est une communication sans autre contenu que le fait même de la communication" P 30. C'est un moment de mondanité où l'important n'est pas dans ce qu'on dit mais dans le fait d'être là, et d'être vu ! ( C.F. P. 11 )... Dès lors, souligne P. Bourdieu, il n'est pas étonnant que les" intellectuels" de la télévision "enfoncent des portes ouvertes" et sacrifient tous aux lieux communs à la mode. Chacun a d'ailleurs sa vulgate propre, son papier tout-prêt, avec quelques belles formules. "La télévision privilégie un certain nombre de fast -thinkers qui proposent du fast-food culturel ( de la nourriture culturelle prédigérée)... "

Des conditions de représentations qui tuent l'exercice véritable de la pensée...et manifestent que l'important est uniquement d'être vu !

Pour qu'un intellectuel ait une chance d'être invité dans un journal télévisé, il faut non seulement qu'il appartienne au cercle relationnel des journalistes les plus en vue, mais il faut surtout qu'il soit capable d'abréger son discours de sorte qu'il ne dise finalement rien de plus que ce que tout un chacun peut supposer.

Dans de telles conditions, pourquoi les intellectuels se pressent-ils tant pour participer aux émissions de télévision ? P. Bourdieu souligne avec ironie qu'il est déjà révélateur que cette question soit si peu posée. Et il répond avec encore plus de lucidité : " En acceptant de participer sans s'inquiéter de savoir si l'on pourra dire quelque chose ou non, on trahit très clairement qu'on n'est pas là pour dire quelque chose mais pour être vu " P11. Sur cette nouvelle aristocratie de l'image voir aussi Régis Debray, cliquez ici.

Gilles Deleuze, dans A propos des nouveaux philosophes et d'un problème plus général, remarquait d'ailleurs que, de plus en plus, bon nombre "d'intellectuels" publient (à intervalles les plus courts et les plus réguliers possibles) des ouvrages qui n'ont pour objectif que de leur assurer des invitations à la télévision. Le grand-Oeuvre (qui suppose des années de travail et de recherche) est délaissé, au profit d'écrits superficiels, plus en phase avec les sujets à la mode. La notoriété acquise par le relais des chaînes de télévision gonfle artificiellement les ventes de ces produits intellectuellement médiocres. La publication de listes des best-seller mêlent volontairement les grands classiques réédités et ces nouveaux produits consacrés par les ventes ; P. Bourdieu souligne que ce procédé achève de confondre (dans l'esprit du public non averti) des auteurs dont l'oeuvre est d'une valeur indiscutable avec ceux dont "la valeur est indiscutablement discutée" - du moins par ceux qui osent encore la critiquer !- (P. 67).

Certes, cette restriction d'estime des "pairs", pourra toujours être interprétée comme un effet de jalousie... Est-ce suffisant pour dédouaner de toute critique les parvenus de l'édition ! Valéry remarquait déjà dans Monsieur Teste que Paris est à la fois la Capitale des Lettres et le lieu d'affrontement de tous les hommes de lettres..." Songez à la température que peut produire dans ce lieu un si grand nombre d'amours-propres qui s'y comparent" Pour en savoir plus, cliquez.

Il est par contre plus grave que la télévision, en consacrant des produits conçus pour séduire la masse, rendent matériellement plus difficile la publication d'oeuvres plus exigeantes et plus déroutantes mais qui, parce qu' elles sont plus denses, seraient capables, à terme, de créer leur public et d 'enrichir l'expérience humaine.

P. Bourdieu ne perd aucune occasion de répéter que les figures les plus novatrices de la littérature et de l'art du XIXème siècle n'avaient que mépris pour les oeuvres à succès de leur époque et s'insurgeaient d'ailleurs à l'idée que l'art puisse être soumis au verdict du suffrage universel.

Ce professeur au Collège de France souligne l'évolution des mentalités sur ce point : il y a encore une trentaine d'années le succès commercial immédiat était suspect ; on y voyait le signe d'une compromission avec les préjugés du siècle et les valeurs établies que consacrent toujours les puissances de l'argent.

Aujourd'hui, de plus en plus, le marché est reconnu comme instance "légitime" de légitimation. Or il convient de rappeler qu'historiquement toutes les productions les plus denses de l'humanité ont été produites contre (ou en marge) de ce qui étaient, à leur époque, l'équivalent de l'audimat, c'est-à-dire la consécration immédiate par le grand nombre des "philistins" manipulables.

La nouvelle aristocratie des "personnalités bien vues"

Les journalistes doivent leur importance dans le monde social au fait qu'ils détiennent un monopole de fait sur la diffusion à grande échelle de l'information. "Bien qu'ils occupent une position inférieure (-"de dominé" selon la terminologie de P. Bourdieu-) dans le champ de la production culturelle, ils exercent une forme tout à fait rare de domination puisqu'ils détiennent les moyens d'accès à la notoriété publique"... ce qui leur vaut d'être entourés d'une considération souvent disproportionnée avec leur mérité intellectuel propre. A ceci s'ajoute qu'ils peuvent détourner une part de ce pouvoir de consécration à leur profit... d'où le phénomène de starification de certains journalistes écrivains !

La télévision telle que Pierre Bourdieu la rêvait :
Ni Paris-Sorbonne, ni Paris-match en direct vidéo !

 

Liberté de questionnement
Pour que la télévision offre de réels espaces d'expression aux intellectuels, il faudrait que les intervenants gardent toujours la liberté de ne pas se contenter de répondre aux questions que les journalistes leur posent, mais qu'ils aient la possibilité d'interroger les présupposés de ces questions et donc de reformuler les enjeux de leur intervention ( ce qui éviterait bien séances de "langues de bois" et des heures passées à pontifier sur des lieux communs.)

La télévision se transformerait alors en véritable temple des polémiques sociales !

Continuité dans l'argumentation
Il faudrait bien entendu accorder à chacun le temps de développer pleinement toute la chaîne de ses arguments ( sans que de pseudo impératifs techniques, ni le prétendu souci de la compréhension du "Public" ne viennent interrompre la chaîne du raisonnement.) Pierre Bourdieu, qui a subi ces effets de censure, a une très piquante expression à ce propos : "Les journalistes ont l'art de se faire les portes-parole d'un public imbécile pour interrompre un discours intelligent."


Parité de compétence entre interlocuteurs
Il faudrait aussi ne faire débattre entre eux que des intellectuels de même force intellectuelle et de formation aussi pointue ... "Il faut un haut degré d'accord sur le terrain du désaccord et sur les moyens de le régler pour avoir un vrai débat scientifique pouvant conduire à un vrai accord ou à un vrai désaccord scientifique". ( p. 72)

Si ces conditions ne sont pas remplies, la rencontre est tout aussi absurde que de prétendre faire "débattre" un astrologue et un astronome ou un alchimiste et un chimiste !
On admet encore volontiers qu'il serait absurde et démagogique de prétendre trancher une question de mathématique par des journalistes qui ont juste trempé dans une culture de vulgarisation mathématique... Mais c'est pourtant ce que la télévision fait régulièrement pour d'autres sciences, tout aussi constituées, comme l'histoire ou la sociologie, sous prétexte que ces sujets intéressent plus directement tout le monde !...

Devoir d'assistance
En revanche, chaque fois qu'un journaliste reçoit un homme qui n'est pas un professionnel de communication audiovisuelle, (un syndicaliste de base, un chômeur etc..), il faut que le journaliste aide cet homme à trouver ses meilleures conditions d'expression : ce qui suppose une écoute non impatience et une sollicitude qui donne confiance au néophyte. Il faut l'aider à accoucher de ses idées. P.Bourdieu se réfère explicitement à la maïeutique socratique. Lorsque l'homme de la rue est véritablement invité à exprimé sa pensée, il dit souvent des choses tout à fait originales parceque issues d'une réelle expérience.

Il y a donc un devoir d'assistance à l'expression télévisuelle qui doit être rendu par les professionnels des médias à ceux qui ne le sont pas ! Or P.Bourdieu dénonce une pratique discriminatoire radicalement inverse qui privilégie toujours les personnalités au détriment des inconnus dans l'acceuil et la distribution de la parole par les journalistes. La télévision, en ce sens, devient un instrument supplémentaire d'oppression symbolique .

Un certain devoir d'autocensure
Il faudrait aussi une forme d'autocensure des journalistes sur les sujets qui encouragent les dérives populistes : on sait en effet que lorsque la télévision se fait l'écho de propos racistes, elle encourage les comportements de même type par la visibilité et la notoriété qu'elle leur donne. P. Bourdieu fustige d'ailleurs la mauvais fois des journalistes qui prétendent ne parler de ces événements que pour les dénoncer alorsqu'ils les renforcent en les représentant.

Les explosions de xénophobie ne sont pas nouvelles, ce qui, en revanche, est dramatiquement nouveau, c'est la possibilité d'exploiter à plein ces passions primaires grâce aux moyens modernes de communication. Et on craint de voir un jour des journalistes ne pas dénoncer un lynchage sous prétexte qu'une majorité d'individus sondés souscrirait à cet accès de violence.


P. Bourdieu conclut : " On doit lutter contre l'audimat au nom de la démocratie... la soumission aux exigences de cet instrument de marketing est l'exact équivalent en matière de culture de ce qu'est la démagogie orientée par les sondages d'opinion en matière de politique ".

 

Le texte de P. Bourdieu Sur la télévision est la transcription revue et corrigée de l'enregistrement intégral de deux émissions réalisées le 18 mars 1996, dans le cadre d'une série de cours du Collège de France, et diffusées par Paris Première en mai 1996. (CNRS Audio -Visuel)

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23 janvier 2007 2 23 /01 /janvier /2007 13:31

un discours incorrect !!!???

http://lesogres.org/article.php3?id_article=2715

mais qui est incorrect!?

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