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20 août 2010 5 20 /08 /août /2010 16:25

 

L’enquête ouverte sur l’Eglise virtuellement enterrée

METDEPENNINGEN,MARC; BELGA; DETAILLE,STEPHANE

Samedi 14 août 2010

La presse, comme les victimes de prêtres pédophiles (lire ci-contre) ont vécu vendredi une journée d’exception. Le parquet général de Bruxelles tout comme le parquet de première instance se sont refusés, dans un pacte de silence inédit, à révéler le contenu de l’arrêt rendu le matin même par la chambre des mises en accusations qui devait statuer sur la régularité de l’instruction et des perquisitions menées à l’encontre de l’archevêché de Malines-Bruxelles, du cardinal Danneels (ex-primat de Belgique) et de la Commission « abus sexuels commis dans le cadre d’une relation pastorale » le 24 juin dernier.

La porte-parole du parquet de Bruxelles, Estelle Arpigny, s’est réfugiée derrière le refus du juge d’instruction Wim De Troy pour éviter de révéler la substance de cet arrêt, susceptible d’anéantir l’instruction menée pour identifier des prêtres pédophiles et identifier d’éventuelles protections organisées par l’archevêché. Le parquet général, par la voix de son porte-parole, M. De Bruyn, s’est aligné sur la même attitude, refusant même de communiquer ce que fut l’attitude de son office lors de ses réquisitions.

Le parquet d’instance tout comme le parquet général ont laissé aux avocats de l’Eglise le soin de communiquer. Hier, à 16 h, l’avocat de la Conférence épiscopale et du cardinal Danneels, Me Fernand Keuleneer, a donc révélé que le parquet général de Bruxelles, dans une procédure intentée pour récupérer les biens saisis le 24 juin au palais épiscopal de Malines et au domicile privé du cardinal Danneels, avait requis devant la chambre des mises en accusations la nullité de ces saisies, frappées d’illégalité. Selon Me Keuleneer, ces perquisitions étaient excessives et excédaient la saisine du juge d’instruction, anéantissant ainsi toute utilisation de ces documents et objets emportés par la police. Selon lui, 140 m3 de documents avaient été saisis. Parmi eux, à l’entendre, « les condoléances adressées au cardinal à l’issue de la mort de son père en 1980, des correspondances consécutives au mariage du prince Philippe, des courriers échangés avec la famille royale, d’autres relatifs à des déplacements à Auschwitz ».

La saisie des dossiers des 475 victimes qui se sont signalées à la Commission présidée par le pédopsychiatre Adriaenssens serait elle aussi frappée de nullité, car le représentant de l’Ordre des médecins, requis pour ce genre de saisie, n’aurait été présent à Louvain que lors des perquisitions menées au matin du 24 juin et non l’après-midi, alors qu’elles se poursuivaient.

L’arrêt vendredi devrait intégrer ces réquisitions préalables du parquet général. Le juge Wim De Troy demeure saisi du dossier mais ne dispose plus, si le contenu de l’arrêt se confirme, que d’un dossier vidé de toute pièce probante, ce qui signifierait l’arrêt effectif de l’enquête.

« Les évêques de Belgique espèrent que les mesures de la chambre des mises en accusation continueront à restaurer la confiance envers tous ceux qui sont impliqués », a indiqué le nouveau porte-parole des évêques Jürgen Mettepenningen, se refusant à exprimer la satisfaction éventuelle du primat de Belgique Mgr Léonard et de ses évêques à l’annonce de ce dénouement judiciaire étonnant.

Le porte-parole des évêques s’est tout autant réfugié dans un prudent silence à propos de Mgr Danneels et de son implication alléguée de « couverture » par ses prélats de faits de pédophilie.

Hier matin, sur les antennes de la RTBF, le pédopsychiatre Adriaenssens et ex-président de la Commission mise sur pied par l’Eglise pour recueillir les plaintes pour abus sexuels « commis dans le cadre d’une relation pastorale » a affirmé que le cardinal Danneels avait bel et bien été mis au courant de faits de pédophilie commis par des prêtres. Le cardinal, a-t-il précisé, avait été mis au courant par des courriers adressés par une trentaine de victimes. Il n’y avait réservé que des suites dilettantes. Il devait rencontre ces familles des victimes à la fin juin pour s’expliquer sur son attentisme ; une rencontre qui a été annulée suite aux perquisitions menées et qui empêchait la Commission Adriaenssens de recontacter les victimes. Le rôle de Mgr Danneels, qui refuse de s’exprimer depuis le 24 juin, demeure le nœud crucial de cette affaire….

Dans un précédent article, nous affublions erronément Peter Rossel, des qualités de porte-parole de l’ex-évêque que de Bruges Roger Vangheluwe. Il n’en est rien.

La Commission veut publier les récits

L’ex-Commisson chargée de traiter les plaintes pour « abus sexuels dans le cadre d’une commission pastorale » s’apprête à publier les témoignages (anonymes) de dizaines de victimes qui se sont adressées à elle.

Privée de ses archives après les perquisitions massives du 24 juin, la Commission, présidée par le pédopsychiatre Adriaenssens, a retrouvé les coordonnées d’environ 200 victimes (sur 475 cas recensés). Elle leur a adressé le mail suivant : « Madame, Monsieur, Au cours des semaines écoulées, vous avez donné votre confiance à la Commission pour le traitement des plaintes pour abus sexuel dans une relation pastorale. Quatre cent septante-cinq personnes nous ont ainsi fait parvenir le récit souvent poignant de ce qu’ils ont subi dans leur jeunesse par les faits d’un prêtre, d’un Père ou d’un Frère. (…) Nous vous faisons dès lors parvenir en annexe ce que nous avons retrouvé de votre premier contact avec nous et comment nous le rendrions anonyme sans toucher à l’essentiel selon nous. Bien que la Commission ait été dissoute après avoir été rendue inutile, un rapport sur sa courte histoire et ce qui nous a frappés lors des premiers contacts dans ce travail, sera établi avec un groupe de travail restreint et rendu public. Nous souhaitons ouvrir ce rapport avec le plus grand nombre possible de témoignages tels qu’ils nous sont parvenus, nous pensons que la voix des victimes doit être écoutée. Pouvons-nous vous demander de consulter l’annexe et nous signifier votre accord concernant sa reprise comme telle dans le

rapport. Vous pouvez bien sûr adapter le texte comme vous le souhaitez, le développer ou le réduire. »

La publication de ce rapport, rassemblant plusieurs centaines de témoignages, devrait intervenir au cours de l’automne. Un problème semble cependant se poser : le professeur Adriaenssens et toute sa Commission ont démissionné de leur fonction et ne sont théoriquement plus en droit d’agir en son nom. Le porte-parole de la Conférence des évêques, Jürgen Mettepenningen, a indiqué vendredi que les évêques « réfléchissaient » à la création d’une nouvelle commission. Il ne s’est pas exprimé sur la légitimité de la publication de ces témoignages.

Luc, l’une des victimes de prélats alors qu’il était louveteau et écolier au début des années 50, a refusé cette publication qui rend compte, selon lui « d’une manipulation des victimes » par la Commission et l’Eglise.

Le vicaire général de Liège fulmine

Un éditorial publié dans « Le Soir » du 9 août, sous le titre « Les euros brugeois et la stratégie de l’Eglise » suscite une réaction tranchée du vicaire général de Liège, l’abbé Raphaël Collinet qui nous a adressé le courrier suivant dont nous publions des extraits :

« Roger Vangheluwe a versé de l’argent à sa victime. Quelle somme a-t-il versé ? Nul ne le sait. (…) Roger Vangheluwe a-t-il fait l’objet d’un chantage comme le laisse entendre Le Soir. A-t-il voulu réparer le tort qu’il avait fait subir à sa victime ? Nul ne le sait à ce jour. Et la question est esquivée par M. Metdepenningen (NDLR : auteur de l’éditorial disputé). Elle est à ses yeux “sans importance”. Importante elle l’est cependant. Car si Roger Vangheluwe a fait l’objet d’un chantage de la part de sa victime et de sa famille, comme le laisse entendre Le Soir, c’est que ceux-ci disposaient de la liberté de porter plainte, qu’ils en avaient l’intention, qu’ils ont préféré, par intérêt, monnayer leur silence. Comment, dès lors, M. Metdepenningen peut-il écrire que la victime et sa famille n’ont pas “osé” s’adresser à la Justice par peur d’être mis “au ban de la communauté catholique et familiale”. (…). Dans son édito, M. Metdepenningen atteint l’incorrection déontologique.

Voici qu’à partir d’un fait divers qui met en cause un individu, ex-évêque, coupable d’abus sexuel, il se permet de mettre en cause “l’attitude de l’Eglise catholique” qui “depuis des décennies” aurait convaincu les victimes d’abus sexuels de laver ces “vilenies en famille” plutôt que de “s’adresser à la Justice des hommes”. Rien n’est plus étranger à la vérité que ces affirmations. (…) M. Metdepenningen pousse plus loin la désinformation. Voilà qu’il veut que la plainte déposée par les “avocats de l’Eglise” participerait “de la même stratégie”. (…) C’est délirant et c’est de l’intoxication. »

Notre (courte) réponse :

Nous publions bien volontiers le courrier de M. l’abbé Collinet. Nous ne retirons pas une ligne de cet éditorial et le renvoyons aux déclarations du pape et de Mgr Léonard sur les silences de l’Eglise. Nous l’invitons aussi à revoir ce que fut dans son diocèse la gestion de l’affaire du curé de Kikempois. (M.M.)

Le juge De Troy, de la banque à l’instruction Le juge d’instruction Wim De Troy, qui a mené les perquisitions

Le juge De Troy, de la banque à l’instruction

Le juge d’instruction Wim De Troy, qui a mené les perquisitions massives au sein de l’archevêché de Malines-Bruxelles, est un magistrat expérimenté, décrit par ses collègues comme un « obstiné », parfois dédaigneux. Ses affidés lui réservent les qualités d’un juriste rigoureux, d’un jusqu’au-boutiste dans les dossiers dont il a la charge.

A 45 ans, Wim De Troy est juge d’instruction. Après un passage dans le privé (une banque), il est devenu magistrat au parquet de Bruxelles. Stagiaire chez le juge d’instruction Bruno Bulthé, il a repris, à la nomination de celui-ci au rang de procureur du Roi de Bruxelles, le cabinet, du rôle néerlandophone. Diplômé de la KUL, le juge De Troy a rejoint la magistrature debout (le parquet). Il se signala en assurant la communication du ministère public lors de l’affaire Joe Van Holsbeeck. En 2006, il passa du parquet au tribunal de première instance, présidant une chambre correctionnelle. (M.M.)

« Le même silence que l’Eglise »

Entretien

Rik Devillé, curé retraité de Buizingen, créateur de l’association « Droits de l’homme dans l’Eglise », avait recueilli et transmis au parquet quelque 300 plaintes pour abus sexuels commis par des prêtres, entre 1992 et 1998. Aujourd’hui, il ne cache pas l’agacement que suscite en lui la façon dont la Justice mène le dossier.

Comment les victimes vivent- elles toutes les péripéties qui, ces dernières semaines, ont émaillé la procédure ?

Toutes les réactions qui me parviennent disent pareil : « Hallucinant ! », « Incroyable ! », « Pas possible ! ». Ce qui se passe n’est pas normal, en effet. De quelque côté qu’elles se tournent, les victimes sont confrontées au même manque de respect. Après avoir, des années durant, subi le silence que l’Eglise opposait à leurs souffrances, elles sont confrontées, désormais, au mutisme de la Justice. Nous n’avons aucune information du côté des autorités judiciaires, hors celles que notre avocat, Me Van Steenbrugge, s’échine – souvent en vain – à obtenir. Et voilà que j’apprends, stupéfait, que la teneur de l’arrêt rendu par la chambre des mises en accusation n’a pas été divulguée à la demande du juge d’instruction De Troy ! Mais pourquoi ? Pourquoi ne peut-on rien dire ? La porte semblait ouverte : la Justice, se disait-on, s’est saisie de l’affaire, les choses vont avancer. Et puis… rien. Juste ce silence. Cette attitude ne peut que renforcer les victimes dans leur revendication : elles souhaitent la création d’une commission parlementaire. Il apparaît que c’est la seule façon pour elles d’avoir la parole et d’être reconnues.

Continuez-vous à enregistrer des plaintes ?

Oui, nous continuons d’en recevoir de nouvelles. Pas beaucoup, c’est vrai. Mais on peut comprendre les victimes qui, après avoir été éconduites à deux ou trois reprises par les instances auxquelles elles s’étaient adressées, hésitent à entamer de nouvelles démarches.

Et des menaces de mort ?

Cela ne s’est produit qu’à une seule reprise. Il ne faut pas exagérer…

Réaction

« Comme au temps de l’affaire Dutroux »

L’avocat Walter Van Steenbrugge, qui défend certaines victimes, est indigné par le silence des autorités judiciaires. « Mes clients, dit-il, sont parties civiles et ont demandé à plusieurs reprises d’être entendus par la chambre des mises. Le parquet général n’a lui-même pas jugé bon de réagir ou de reconnaître leur existence alors que le Code d’instruction criminelle stipule que les victimes ont le droit à l’information. On se croirait revenu au temps de l’affaire Dutroux, lorsque l’arrogance du pouvoir était à son apogée. »

 

 

Source du document : http://archives.lesoir.be/l-enquete-ouverte-sur-l-eglise_t-20100814-010UHW.html?queryand=p%E9dophilie+%E9glise+li%E8ge&firstHit=0&by=10&when=-1&sort=datedesc&pos=0&all=68&nav=1

 

 

Pendant ce temps là en France, à France Inter

8h00 mercredi 18 août 2010 le journal :

parmi les titres :

 "Belgique: Les effets dévastateurs des affaires de pédophilie dans l'église catholique; des croyants demandent à être débaptisés".

Puis à 8h10 le développement commence par :

" En Belgique le calvaire de l'église catholique après la révélation de plusieurs affaires de pédophilie ..."

 

 

Courrier email que j'ai envoyé à France Inter ... sans réponse !

 

Bonjour

Entendu ce matin mercredi 18 août 2010 à France Inter

08:00 : Le Grand Journal

Antoine SABBAGH

 

- Titre à 8h00 : Belgique: Les effets dévastateurs des affaires de pédophilie dans l'église catholique; des croyants demandent à être débaptisés.

- 8h11 :En Belgique le calvaire de l'église catholique après la révélation de plusieurs affaires de pédophilie ...

 

Les effets dévastateurs dans l'église catholique et le calvaire de celle-ci !!!

je suis pas sûr que radio Vatican aurait osé employer un tel vocabulaire.

les bourreaux des enfants vivraient un "calvaire" ainsi que l'organisation religieuse !

Et les enfants abusés, que vivent ils pour France Inter !?

Faut il croire que pour France Inter ce que vit actuellement l'église catholique est déplorable et que l'église catholique et le clergé sont bien à plaindre !?

Ces affaires n'auraient, sans doute, pas du être dévoilées.

Etant donné que je n'ai pas entendu à France Inter, au journal, que l'on déplorait le calvaire de l'église de scientologie lors de son procès récemment, lequel était pourtant pour une affaire moins grave que de la pédophilie, j'en conclus que comme dans la fable de la Fontaine, les animaux malade de la peste, selon que vous soyez puissants ou pas les jugements de cour (France Inter) vous rendrons blanc ou noir.

France Inter, un service public, oui, mais au service des puissants et de la religion dominante.

Intéressant aussi :l'association Nopedo avait été condamnée en 1ère instance en 2001 au profit de l'Archevêché de Liège, parce qu'elle dénonçait les actes de pédophilie dans l'église catholique de Belgique (méfaits passés et au présent).

Donc Chamfort est toujours d'actualité : En France (ou en Belgique), on laisse en repos ceux qui mettent le feu (pédophiles), et on persécute ceux (dénonciateurs de crimes) qui sonnent le tocsin.

Mais de ceci France Inter fait la grande muette.

Je vous laisse avec votre conscience de journalistes.

Sincères Salutations

Y.T.

 

 

Donc l'Eglise catholique à son calvaire, que la justice belge adoucie, et les enfants victimes de prêtres pédophiles continuent leur "chemin de croix" !!!

J'espère que les hommes(il n'y a que des hommes) du clergé catholique ne croient pas .. trop en Dieu, car s'ils y croient vraiment, je ne voudrais pas être à leurs places, je veux dire de leur conscience, mais là c'est peut être trop leurs demander !

 

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Published by lovyves - dans société
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