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4 août 2008 1 04 /08 /août /2008 11:55

 

 

Georges Guingouin
Le premier maquisard de France


 

Un vrai résistant résiste avant qu’on lui donne l’ordre de résister.

Un vrai résistant résiste aux compromissions.

Un vrai résistant résiste aux faits d’armes «dit glorieux ».

Un vrai résistant doit se méfier plus de ses « amis » que de ses ennemis (de son parti politique que des autres).

Un vrai résistant l’est toute sa vie.

Un vrai résistant ne peut plaire qu’aux vrais résistants (quelques individus).

Car un vrai résistant est un humain intègre.

De ce fait, le vrai résistant ne devient un « bon » résistant que comme un indien d’Amérique au 19 ° siècle ne devenait « bon » qu’une fois mort !

 

Depuis 1945, que de commémorations, que d’éloges sur les réseaux des résistants de telle ou telle région, du Vercors ; que d’émissions télévisées sur leurs exploits.

Mais pas sur celui du Limousin, le seul à avoir battu les allemands en combats directs et le seul à avoir délivré une ville (Limoges) sans l’aide des alliés et, surtout, sans effusion de sang.

 

Peut être que ceci est l’inadmissible : il n’y a pas eu de morts en héros à Limoges, nous ne pouvons pas faire de commémoration en leur honneur.

A Limoges beaucoup de Français et d’Allemands sont restés vivants, n’ont pas souffert ; là serait le scandale !?

Pour moi : non, bien au contraire, là est le plus haut fait de la résistance !

 

 

Le « premier maquisard de France » est mort jeudi 27 octobre. Libérateur de Limoges, un des 12 résistants communistes à avoir été fait Compagnon de la Libération (sur plus de mille membres de cet Ordre), il fut victime d’un incroyable acharnement de la part du Parti communiste stalinien de l’époque. Michel Taubmann, son biographe, retrace son itinéraire hétérodoxe.

par Michel TAUBMANN, propos recueillis par Frédérick CASADESUS

 

Georges Guingouin est né en 1913 à Magnac-Laval, un village du nord de la Haute-Vienne. Il a tout juste 18 mois quand son père est fauché, parmi les premiers morts de la Grande Guerre, à la fin août 1914. Ce drame fondateur le conduit – comme beaucoup d’autres membres de cette génération d’orphelins – à rejoindre le Parti communiste, né du refus de la « boucherie impérialiste ». Durant les années trente, Georges Guingouin est instituteur et jeune responsable communiste local à Saint-Gilles-les-Forêts, aux confins de la Haute-Vienne et de la Corrèze. L’antifascisme devient le second moteur de son engagement. Il l’amènera à refuser, dans les faits, la politique collaborationniste que mène la direction du PC à la suite de la signature du pacte germano-soviétique.

Blessé au combat, il est hospitalisé à Moulins. Refusant d’être capturé, il s’échappe de l’hôpital au moment où les Allemands encerclent la ville, le 18 juin 1940. « Celui qui ne se rend pas a raison contre celui qui se rend », disait Péguy. Ainsi, Guingouin, la tête couverte de pansements, rejoint-il, peu après, son village de Saint-Gilles-les-Forêts. Immédiatement, il entre en résistance contre le régime de Vichy et réorganise le parti communiste clandestin.

En février 1941, son école de Saint-Gilles-les-Forêts est encerclée par les gendarmes et les policiers de Vichy. Echappant de justesse à l’arrestation, il va pendant trois ans et demi se cacher de ferme en ferme, aidé par sa connaissance du terrain et bénéficiant de la complicité des paysans de la région qui, pour sa haute stature, le surnomment « Le Grand », « Lo Grand » en patois limousin. Au milieu des bois du Limousin, il devient le « premier maquisard de France ». Stalinien, comme tout communiste de l’époque, mais pragmatique, il applique la justice sociale à la façon d’un Robin des Bois, taxant les profiteurs du marché noir pour aider les plus démunis, empêchant la réquisition du blé et des foins, sabotant usines et voies ferrées afin d’affaiblir la machine de guerre ennemie.

Parti seul, avec quelques fidèles camarades, il a rassemblé des centaines d’hommes durant les années 42 et 43 puis des milliers en 44. En août 44, nommé chef départemental des FFI, il regroupe sous ses ordres toutes les forces de la Résistance de la Haute-Vienne, soit 14 000 soldats

Plutôt que d’attaquer Limoges dans la foulée du débarquement, comme le lui ordonnait la direction du Parti communiste, Georges Guingouin fit encercler la ville. Le 21 août 44, grâce à sa patience et à l’intervention du consul de Suisse à Limoges, Jean d’Albis, il obtint la reddition des troupes allemandes, sans effusion de sang.

Entré dans Limoges en vainqueur, Georges Guingouin fut élu maire de la ville en 1945. Mais, deux ans plus tard, il perdit les élections face à l’ancien maire socialiste, Léon Betoulle. A partir de cette date, le Parti communiste, qui avait déjà tenté de le liquider physiquement pendant la guerre, choisit de lui régler son compte.

Pas un paria, mais un héros

Forte tête, ombrageux, voyant dans tout compromis une compromission, Guingouin refuse de reconnaître quelque erreur que ce soit dans sa conduite pendant la guerre face à un PCF qui veut occulter son rôle. Affrontant la direction de son Parti, il court alors à sa perte. Exclu, il est accusé par Jacques Duclos, alors n° 2 du PCF et homme de Moscou, d’avoir volé l’argent de la Résistance. A partir de 1953, redevenu simple instituteur dans l’Aube – le département de sa femme –, il est accusé, sans preuve, d’avoir participé à un meurtre crapuleux. Il est emprisonné, manque d’être assassiné, subit même un séjour en hôpital psychiatrique. Le Parti communiste tirait les ficelles pour le discréditer, puis le pousser à la mort.

Il est libéré en 1954, obtient un non-lieu en 1959 et redevient instituteur dans l’anonymat le plus total du côté de Troyes, bien loin de son Limousin natal. Désormais, il va consacrer toute son énergie à lutter contre l’oubli qui manque de l’ensevelir. Progressivement, avec le déclin du Parti communiste et le temps qui passe, il va réapparaître à Limoges les 21 août pour les cérémonies de la Libération de la ville. Ayant survécu à la plupart de ses ennemis, il verra ces dernières années les hommages s’accumuler, de la part de la ville de Limoges, qui baptise une rue de son nom, ou d’autres communes du Limousin. En juin dernier, affaibli mais debout, à 92 ans passés, il sera fait Commandeur de la Légion d’honneur. Ce n’est pas en paria mais en héros de la Résistance qu’il a été conduit à sa dernière demeure – vendredi dernier sous un ciel ombrageux, comme l’était « Le Grand » – dans le petit cimetière de Saint-Gilles-les-Forêts, au milieu des bois qui firent la légende du « Premier maquisard de France ».


Source : http://www.reforme.net/archive2/article.php?num=3150&ref=1012

Voir aussi :http://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Guingouin

http://cequilfautdetruire.org/spip.php?article1379

 


A lire

L’Affaire Guingouin
La véritable histoire
du premier maquisard
de France


Michel Taubmann
éd. Lucien Souny
333 p., 20 euros.

Un autre grand résistant, assassiné par ... la résistance  : Pietro Tresso

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Tresso

Résister à l'occupant : Oui ! Mais il y a des "normes" à ne pas franchir !!!

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Published by lovyves - dans société
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