JE SUIS ... DONC JE PENSE !
SEUL L'IMPENSABLE MERITE MON ATTENTION.
Etre humain, c'est penser sans mythe.
Le monde de demain sera la pensée d'aujourd'hui !
L'amour
et la non violence
seules solutions
pour l'avenir
de l'humanité.
La religion
des religions
doit être celle
des Droits
de l'Homme
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SEUL L'IMPENSABLE MERITE MON ATTENTION.
Etre humain, c'est penser sans mythe.
Le monde de demain sera la pensée d'aujourd'hui !
Les Religions et les sectes sont elles constitutionnelles ?
Allemagne
Source :
http://www.canoe.com/infos/international/archives/2007/12/20071209-140850.html
Inconstitutionnelle, c'est à dire non conforme à la démocratie, puisque en Allemagne et en occident en général, nous vivons avec des
régimes démocrates.
Bien !
Mais, qu'en est il des religions (majoritaires) et des autres (minoritaires) ?
La religion Catholique est elle constitutionnelle ?
Le Vatican, qui est aussi un état, fonctionne
t'il démocratiquement ?
Non, il me semble. D'un point de vue état - nation, ne serait il pas la dernière dictature de l'Europe !?
Et la religion musulmane avec ses " fatwa" et autres menaces contre la liberté d'expression, est
ce vraiment constitutionnel ?
Les objectifs des religions monothéistes ont ils pour but le maintien de la démocratie?
Une croyance peut elle être constitutionnelle ?
Que la réponse soit oui ou non, le fait de juger, c'est de l'ingérence de l'état laïc dans la sphère privée.
Là où les religions sont puissantes, elles jugent les Etats (faibles). Là où les Etats (laïcs) sont puissants, ils jugent les religions faibles
(sectes).
Monsieur De La Fontaine vous êtes toujours d'actualité avec "Les animaux malades de la peste" :
"Selon que soyez puissants ou misérables les jugements de Cour vous rendront blanc ou noir."
La liberté ne serait elle pas plus garantie par les Etats laïcs que par les religions?
La peste serait elle à nos portes !?
Ne serait il pas urgent de se réveiller, avant qu'il ne soit trop tard !!!
Sommes-nous déjà à moitié cuits ?
(ou l'inconscience du changement)
Imaginez une marmite remplie d’eau froide, dans laquelle nage tranquillement une grenouille. Le feu est allumé sous la marmite. L’eau se chauffe doucement. Elle est bientôt tiède. La grenouille trouve cela plutôt agréable et continue de nager. La température commence à grimper. L’eau est chaude. C’est un peu plus que n’apprécie la grenouille ; ça la fatigue un peu, mais elle ne s’affole pas pour autant. L’eau est maintenant vraiment chaude. La grenouille commence à trouver cela désagréable, mais elle est aussi affaiblie, alors elle supporte et ne fait rien. La température de l’eau va ainsi monter jusqu’au moment où la grenouille va tout simplement finir par cuire et mourir, sans jamais s’être extraite de la marmite.
Plongée dans une marmite à 50°, la grenouille donnerait immédiatement un coup de pattes salutaire et se retrouverait dehors.
Cette expérience (que je ne recommande pas) est riche d’enseignements. Elle montre que lorsqu’un changement négatif s’effectue de manière suffisamment lente, il échappe à la conscience et ne
suscite la plupart du temps pas de réaction, pas d’opposition, pas de révolte.
C’est exactement ce qui se produit dans la société où nous vivons. D’année en année, on observe une constante dégradation des valeurs, laquelle s’effectue cependant assez lentement pour que
personne - ou presque - ne s’en offusque. Pourtant, comme la grenouille que l’on plonge brusquement dans de l’eau à 50°, il suffirait de prendre le Français moyen du début des années 80 et, par
exemple, de lui faire regarder la TV d’aujourd’hui ou lire les journaux actuels pour observer de sa part une réaction certaine de stupéfaction et d’incrédulité. Il peinerait à croire que l’on
puisse un jour écrire des articles aussi médiocres dans le fond et irrespectueux dans la forme que ceux que nous trouvons normal de lire aujourd’hui, ou que puissent passer à l’écran le genre
d’émissions débiles qu’on nous propose quotidiennement. L’augmentation de la vulgarité et de la grossièreté, l’évanouissement des repères et de la moralité, la relativisation de l’éthique, se
sont effectués de telle façon - au ralenti - que bien peu l’ont remarqué ou dénoncé.
De même, si nous pouvions être subitement plongés en l’an 2022 et y observer ce que le monde sera devenu d’ici là, s’il continue de dévaler la pente sur laquelle il se trouve, nous en serions sans doute encore plus interloqués, tant il semble que le phénomène s’accélère (accélération rendue possible par la vitesse à laquelle nous sommes bombardés d’informations nouvelles et en oublions le reste). Notons d’ailleurs que les films futuristes s’accordent pour ainsi dire tous à nous présenter un futur certes " hyper-technologique " mais surtout des plus lugubres.
Chaque fois qu’un changement est trop faible, trop lent, il faut soit une conscience très aiguisée soit une bonne mémoire pour s’en rendre compte. Il semble que l’une et l’autre soient aujourd’hui chose rare.
Sans conscience, nous devenons moins qu’humain.
Sans mémoire, nous pourrions passer chaque jour de la clarté à la nuit (et inversement) sans nous en rendre compte, car les changements d’intensité lumineuse sont trop lents pour être perçus par la pupille humaine. C’est la mémoire qui nous fait prendre conscience a posteriori de l’alternance du jour et de la nuit.
Gavée par trop d’informations inutiles, la mémoire s’émousse.
Abrutie par un excès de stimulations sensorielles, la conscience s’endort.
Et notre civilisation s’enfonce ainsi dans l’obscurité spirituelle, avec le délitement social, la dégradation environnementale, la dérive faustienne de la génétique et des biotechnologies, et l’abrutissement de masse - entre autres symptomes - par lesquels elle se traduit.
Le principe de la grenouille dans la marmite d’eau est un piège dont on ne se méfie jamais trop si l’on a pour idéal la recherche de la qualité, de l’amélioration, du perfectionnement, si l’on
refuse la médiocrité, le statu quo, le laisser-faire.
Incidemment, ce principe fonctionne aussi au positif et même en cela il peut nous jouer des tours. Les efforts que l’on fait quotidiennement provoquent eux aussi des changements - positifs, cette fois - mais parfois trop faibles pour être immédiatement perçus ; ces améliorations sont pourtant bien là, et à ne pas les observer, certains se laissent décourager à tort.
Comment, alors, ne pas succomber au piège du principe de la grenouille dans la marmite d’eau, individuellement ou collectivement ?
En ne cessant d’accroître sa conscience, d’une part, et en conservant un souvenir intact de l’idéal et des buts que l’on s’est fixés.
L’entraînement et le développement de la conscience sont l’un des points communs de toutes les pratiques spirituelles : conscience de soi, conscience du corps, conscience du langage,
conscience de ses pensées, conscience de ses émotions, conscience d’autrui, etc. Au-delà de tout dogme, de toute doctrine, de toute idéologie, l’élargissement et l’accroissement de la conscience
devraient donc être considérés - bien plus que le développement des seules facultés intellectuelles - comme un comportement fondateur de notre statut d’humain et comme un moteur indispensable à
notre évolution.
Olivier Clerc
Source :
http://www.olivierclerc.com/dossiers/dossiers.php?id_dossier=20
Une atteinte au respect d'un individu, aux droits de l'Homme, si minime soit elle, est inadmissible !
Sinon demain la permissivité sera plus grande et après demain le pire sera là !
Si je ne pas en état vigilence maximale avec ma conscience, alors je me fais agent vers la deshumanisation de la société.
Avec le temps tout s'en va ... tout change !
Même la perversion, change de camp !
Desmond Tutu accuse l'Eglise de faire une fixation sur l'homosexualité
AFRIQUE DU SUD - 18 novembre 2007 - APANEWS
L'ancien archevêque anglican du Cap, en Afrique du Sud, Mgr Desmond Tutu n'a
pas mâché ses mots contre l'église anglicane qu'il accuse d'être "obsédée"
par le thème de l'homosexualité
les ondes de la BBC.
Lauréat du Prix Nobel de la Paix en 1984, Tutu qui est aujourd'hui âgé de 76
ans, s'est dit indigné de l'attitude de son église vis-à-vis des
homosexuels.
Il a également critiqué l'Archevêque de Canterbury, Rowan Williams, chef de
l'église anglicane universelle, lui reprochant de n'avoir pas montré l'image
du 'Dieu accueillant' "Notre monde est confronté à plusieurs problèmes : la
pauvreté, la pandémie du Vih/Sida et les conflits.
"Dieu doit être attristé de voir les atrocités que nous commettons entre
nous. Devant cette situation, notre église, notamment l'église anglicane,
semble plus que jamais obsédée par la question de la sexualité humaine",
s'est désolé Tutu.
Pour l'ancien archevêque du Cap, l'église anglicane avait semblé
"particulièrement homophobe" sur la question de savoir si le prêtre Gene
Robinson qui a publiquement reconnu son homosexualité
évêque du New Hampshire en Angleterre. Tutu a, à ce propos, fait part de sa
"tristesse et de sa honte", face à l'attitude de l'église.
Tutu, s'est dit attristé que l'église "ne puisse pas accueillir ou inviter
des personnes, à cause de leur penchant sexuel. Si Dieu était homophobe
comme ils le disent, je n'adorerais de Dieu".
Le Prix Nobel de la Paix 1984, s'en est également pris aux religieux
conservateurs, qui, dit-il, pensent que l'homosexualité est une question de
choix.
"C'est de la perversion que de me dire qu'une personne choisit d'être
homosexuelle. C'est de la folie de choisir une vie, qui vous expose à toute
la haine que les gens éprouvent pour les homosexuels. C'est comme si vous
choisissiez d'être Noir dans une société gagnée par le racisme".
Source :
http://www.jeuneafrique.com/jeune_afrique/article_depeche.asp?art_cle=APA92427desmotilaux0
Pour Desmond Tutu et la génétique (1): l'homosexualité est innée !
Montrer l'homosexualité comme
étant acquise serait de la perversion !
Le bien pensant d'hier et encore, aujourd'hui, pour beaucoup de gens, serait de la perversion !?
les "montreurs" de perversion seraient les pervers !
Si le "normal" devient de la perversion, où allons nous ?
Vers un monde fraternel et respectueux des différences !
Vers un monde où l'amour des différences deviendrait .. inné !!!
(1) source :
http://www.doctissimo.fr/html/sexualite/mag_2000/mag0623/se_1853_homosexualite_origines.htm
Darwin hérétique
L'éternel retour du créationnisme
L'origine de la vie et l'évolution des espèces ont toujours agité les esprits. Certains animaux peuvent-ils surgir du néant, comme le croyaient les adeptes de la génération
Une vague odeur de soufre plane encore sur ces questions difficiles. Un simple coup de pouce d'un créateur omniscient ne suffirait-il pas à les
Thomas Lepeltier est historien des sciences et journaliste, chargé de cours à l'Université d'Oxford.
Source : http://www.darwinheretique.com/
Jusqu'au 19° siècle, il était (plus que) raisonnable de croire
... d'être convaincu du créationnisme (Dieu).
Depuis 1 siècle et demi, il est raisonnable
... de croire, d'être (évidemment) convaincu de l'évolution (hasard
et nécessité)!
Tout ceci est il bien raisonnable !?
Une théorie dogmatique (enseignée toute la semaine scolaire)
et une croyance dogmatique (enseignée le dimanche)!
Ma raison chavire en schizophrénie!
A moins que le réel soit ailleurs ?
Et si ... je cherchais une 3° théorie plus stabilisante pour mon esprit !
Si demain, l'on peut faire en laboratoire ce que Dieu ou la nature a
ou ont fait !
Au diable (ou à la Terre) les théories!
Il me reste plus qu'à croire en moi (l'Homme) !
Ne serait ce pas plus apaisant !?

LE FIGARO. - René Girard, qu’entendez-vous par « achever » Clausewitz?
René GIRARD. - Clausewitz a commencé son grand livre, De la guerre, à la fin du règne de Napoléon et il y a travaillé jusqu’à sa mort. En trente ans, il n’a pas réussi à le terminer. Achever Clausewitz, c’est donc essayer de penser le livre dans sa totalité. Un politologue aussi prestigieux que Raymond Aron l’avait fait dans son propre livre : Penser la guerre, Clausewitz, paru en 1976. Pour ma part, j’ai découvert Clausewitz dans une édition américaine et j’ai été frappé par le terme de « montée aux extrêmes » qu’il utilise concernant les rapports guerriers. Cette formule dément l’humanisme des Lumières qui suggère que les rapports normaux entre les hommes sont un peu comme ceux des boules de billard : leur action est prévisible, purement rationnelle. Or Clausewitz, qui est pourtant un homme des Lumières, va mettre en évidence ce qui est implicite dans les rapports humains quand ils deviennent hostiles. Il nous dit des choses fondamentales sur cette loi de l’imitation qui nourrit l’emballement guerrier et peut mener au pire.
Rémi BRAGUE. - Je crois qu’Aron était encore plus homme des Lumières que Clausewitz. Ce qui explique qu’il a mis l’accent sur tout ce qui, chez Clausewitz, pouvait rendre les conflits les plus feutrés possibles, les plus maîtrisés. Je crois qu’il avait la nostalgie de cette époque où l’on croyait que la raison était la faculté décisive. Mais ce que vous montrez, c’est que le rationalisme a ses limites et que les hommes sont aussi des êtres dominés par leur affectivité.
R. G. - Aron croyait aussi que nous étions entrés dans une ère où les moyens de destruction étaient démesurés, mais il pensait que nous étions assez raisonnables pour ne pas nous en servir. Aujourd’hui, il serait peut-être obligé de constater l’échec de la politique de l’Occident qui n’a pas réussi à empêcher la prolifération des armes atomiques, comme on le voit avec l’Iran. Ce que Clausewitz a dit au fond sur la « montée aux extrêmes », où le pire peut se produire à travers une violence non maîtrisable, se poursuit donc à mes yeux. C’est la loi même de l’histoire.
Vous dites que l’oeuvre de Clausewitz est une des « clés de l’intelligibilité du conflit franco-allemand ». Qu’entendez-vous par là ?
R. G. - L’oeuvre de Clausewitz est révélatrice de ce que j’appelle un conflit de type mimétique. La France et l’Allemagne veulent la même chose : dominer l’Europe. Après la mort de Charlemagne, ses deux petits-fils, Charles le Chauve et Louis Le Germanique, vont commencer la guerre de jumeaux qui va marquer l’histoire de l’Europe jusqu’à prendre une forme virulente après la victoire de Napoléon à Iéna en 1806 et le réarmement de la Prusse qui mènera aux trois guerres que nous connaissons. C’est pour cela que le geste de réconciliation entre de Gaulle et Adenauer, en 1963 à Reims, est si important.
R. B. - Ce que vous appelez « la rivalité mimétique » franco-allemande a eu aussi des effets amusants. Pierre Gaxotte faisait remarquer que ce que l’on aimait stigmatiser à travers le « Boche », à savoir le Prussien raide et militarisé, etc., provenait sans doute de nos huguenots calvinistes. Car le regard que les Français portaient sur les Allemands avant la révocation de l’édit de Nantes était différent : l’Allemand était vu plutôt comme un bon vivant, bonhomme tranquille en bonnet de nuit (le fameux Michel), pas très malin. Et puis, à un moment, cela se retourne et l’on voit se former l’image du militaire dur et rigide. On retrouve ces deux images dans toutes les transpositions littéraires de la guerre de 1870, chez Daudet et Maupassant par exemple, avec, d’un côté, le Prussien blond et froid et, de l’autre, le « gros barbu roux » qui représente le Bavarois...
R. G. - Ce qu’il y a de fascinant dans les relations entre les peuples, ce sont les projections : chacun voyant l’autre comme il voudrait qu’il soit. Par exemple, ce que les Français ont dit des Allemands après la guerre de 1870, les Allemands l’avaient dit des Français. Que leur langue était dure et rébarbative, faite pour le commandement militaire ! Dans son livre, Clausewitz écrit même ceci : « La France est la nation guerrière par excellence.» On croit rêver.
Les Occidentaux avaient cru bannir le conflit de l’horizon. Votre livre s’inscrit en faux contre cet optimisme. Il a même une tonalité « apocalyptique ».
R. G. - Il semble que nous ne parvenions pas à penser le pire et c’est à cela que peut nous aider Clausewitz. Il y a aujourd’hui trois questions terrifiantes : l’écologique avec la raréfaction des ressources naturelles, la militaire avec l’accroissement des forces de destruction nucléaire et celle des manipulations biologiques. Aux États-Unis, l’écologie est sous-estimée par les républicains qui la considèrent comme une manoeuvre contre la liberté économique. La fin du communisme a déchaîné le capitalisme. Si la concurrence économique est positive, elle peut aussi se transformer en guerre. La vie économique n’est pas libérable totalement. Par exemple, aux États-Unis, les meilleurs spécialistes de l’industrie atomique sont susceptibles de mettre leur talent au service d’officines privées au nom de la libre entreprise, alors qu’en France l’État et son administration sont encore un facteur de sécurité de par le contrôle qu’ils exercent sur ce type d’activité.
R. B. - D’accord avec vous sur les excès du capitalisme « libéré ». Mais je voudrais revenir sur votre anthropologie de la violence. Vous expliquez que toute société est portée à sacrifier une victime pour resserrer ses liens. Il y a pourtant une autre manière d’exclure que vous mettez en évidence dans Mensonge romantique et Vérité romanesque, où vous développez une interprétation du snobisme qui n’a rien perdu de son actualité. Analysant l’oeuvre de Proust, vous montrez que l’intérêt d’être admis au salon des Guermantes n’est pas de subir l’ennui d’une conversation médiocre, mais d’être sûr de ne pas y rencontrer untel. Cette analyse pourrait s’appliquer au monde contemporain dont on a parfois l’impression qu’il est en train de se transformer en club privé. Notre société se gargarise de discours sur l’exclusion, mais, par ailleurs, sa privatisation croissante rend inutile le fait d’exclure. L’exclusion a déjà eu lieu en amont de tous les salons. Quant à votre vision de l’apocalypse, il ne faut pas se méprendre. Quand on évoque l’apocalypse, on pense en termes de catastrophe. Mais celle-ci peut prendre des formes « douces ». Par exemple, la haine de l’existence qui s’exprime à travers l’extinction démographique qui guette l’Europe.
René Girard, vous affirmez que « la politique ne produit plus guère de sens ». En attendant il faut faire des choix et ceux-ci ne peuvent être fondés sur des principes évangéliques inapplicables politiquement.
R. G. - Et si la survie de la terre ne pouvait être que fondée sur la morale évangélique ? Je crois que la violence, qui était au fondement des religions archaïques, n’est plus productrice de sacré, elle ne produit plus que de la violence. C’est ici que le christianisme a quelque chose de singulier à nous dire : renoncer à la violence, c’est sortir du cycle de la vengeance et des représailles. L’apocalypse n’est pas la violence de Dieu comme le croient les fondamentalistes, c’est la montée aux extrêmes de la violence humaine. Seul un nouveau rationalisme qui intègre la dimension religieuse de l’homme peut nous aider à affronter la nouvelle donne.
R. B. - Paradoxalement, la fin de la guerre ne signifie pas forcément une extinction de la violence. Dans le cadre de ce que nous appelons la guerre, les États, qui avaient « le monopole de la violence », étaient censés empêcher cette diffusion du terrorisme à laquelle nous assistons aujourd’hui et qui pourrait nous faire regretter les guerres d’autrefois.
René Girard, votre oeuvre est une incantation en faveur du christianisme. Qu’est-ce qui distingue la formule « aimez-vous les uns les autres » d’une certaine morale pacifiste en vogue ?
R. G. - C’est une formule héroïque qui transcende toute morale. Mais elle ne signifie pas qu’il faille refuser le combat si aucune autre solution n’est possible.
R. B. - Dans le pacifisme, on vous demande de faire « ami ami » avec vos ennemis. Il n’y a plus d’ennemi. Dans l’Évangile, l’ennemi subsiste mais nous n’avons pas tous les droits sur lui. C’est la différence entre la morale cornélienne d’un Péguy, qui nourrira le meilleur de la tradition militaire française, et les valeurs de Clausewitz, qui mènent à la guerre totale et à la destruction de l’adversaire. Dans le duel cornélien à la française, la bataille est aussi importante que la victoire, avec Clausewitz, c’est le résultat qui importe avant tout. Mais à quoi bon vaincre, si, par les méthodes barbares que l’on a utilisées, on a perdu les raisons que l’on avait de vivre ?
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